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L'ALIMENTATION DES JUMELLES - PART 1.


Ça faisait un petit moment que j'avais envie de partager mon expérience ici à propos de nourrir deux bébés en même temps. Partie 1 donc car pour le moment elles se nourrissent exclusivement de lait mais il sera intéressant je pense de faire une partie 2 quand la diversification alimentaire aura commencé ! 

Allaiter mon bébé, avant même que je ne tombe enceinte était pour moi une évidence, la question ne s'est jamais posée autrement, peut-être les souvenirs de ma propre mère allaitant mes petits frères m'ont conditionné dans ce choix, toujours est-il qu'il en était ainsi, pour moi c'était naturel. Lorsque je suis tombée enceinte, on en avait discuté avec Cédric et l'idée d'allaiter notre bébé pendant une année entière nous a paru juste. Et puis j'ai appris qu'on allait avoir deux bébés ! Une fois le choc passé je me suis renseignée sur le net pour savoir si allaiter des jumeaux c'était possible, et oui, ouf, ça l'était ! Du coup je gardais à l'esprit d'allaiter mes deux bébés mais peut-être pas aussi longtemps que pour un, et j'ai continué ma grossesse sans plus me soucier de ce problème, préparant ma valise de maternité sans biberons ni lait artificiel, étant sûre de mon choix. Sauf que cela n'a pas été aussi facile que prévu !

Le grand jour est arrivé, nous avons rencontré nos bébés. Moment magique et hors du temps. J'ai donné naissance à 10H15 & 10H18 ce premier octobre 2015 et nous sommes restés ensuite presque cinq heures tous les quatre dans la salle d'accouchement le temps qu'une chambre se libère dans le service maternité. Pendant ces cinq heures, qui sont passées à une vitesse affolante, j'ai pu faire du peau à peau avec mes filles en alternance, une fois l'une, une fois l'autre, pendant que Cédric faisait du peau à peau avec la deuxième. Très naturellement elles ont cherché à téter quand elles étaient avec moi sur mon sein. C'est alors que j'ai demandé à la sage-femme présente dans la salle si je pouvais mettre les deux aux seins en même temps, puisque je m'étais renseignée au préalable et que c'était possible, mais elle m'a alors répondu que le lit d'accouchement n'était pas pratique et qu'il valait mieux que j'attende d'être installée dans ma chambre pour commencer l'allaitement double, une puéricultrice pourra alors m'aider. Soit. Quinze heures me voilà installée dans ma chambre, douchée, boostée aux hormones et avec un reste de la péri, j'accueille nos mamans respectives avec joie et fierté pour présenter nos bébés.


Les visites défilent l'après-midi, la première nuit se passe sans dormir, tentant de donner le sein aux deux en même temps (oui elles s'étaient calées d'elles-mêmes sur le même horaire) par nous même. Puis le deuxième jour, toujours pas de puéricultrice en vue, à nouveau des visites, beaucoup de visites, trop de visites, une deuxième nuit sans dormir avec des bébés très affamés car mon colostrum ne suffisait plus et je n'avais toujours pas eu ma montée de lait. Cette nuit-là, elles ont été sur mes seins toute la nuit en non-stop, à grogner car insatisfaites, mal positionnées car nous étions ignorants des bonnes positions, me créant des crevasses énormes sur mes tétons, et surtout nous étions seuls et non accompagnés par les puéricultrices. Le troisième jour au matin je n'en pouvais plus, trop de fatigue accumulée, la chute des hormones, ma montée de lait toujours inexistante, j'ai demandé à les faire garder en nurserie deux heures pour que je puisse dormir un peu. Elles y sont restées à peine une demi-heure lorsqu'une puéricultrice revient dans ma chambre pour me dire qu'il fallait les mettre au sein car elles avaient faim. Et là j'ai craqué, je me suis sentie remise en question dans mon rôle de mère, incapable de nourrir mes filles correctement, avec toujours cette maudite montée de lait inexistante. J'ai pleuré à gros sanglots, les seins en feu, je ne savais plus quoi faire : est-ce que je les remets au sein alors que je suis épuisée ou bien je leur donne un biberon. C'est la sage-femme qui était présente pour la visite gynéco qui a pris la décision à ma place voyant combien j'étais perdue, elle a renvoyé la puéricultrice en nurserie en leur demandant de les nourrir au biberon, elle m'a prescrit un calmant, a interdit les visites pour ma chambre et m'a laissé dormir toute la matinée. J'ai fais un méga baby-blues les deux jours suivants, culpabilisant de ne pas pouvoir les nourrir au sein comme je le souhaitais, le tout accumulé a des problèmes de tension dû à la pré-éclampsie. Bref rien n'allait à la maternité ! L'alimentation mixte a donc débuté non pas par choix mais par obligation sous peine de laisser mourrir de faim mes bébés. 

En rentrant chez moi, huit jours plus tard, j'ai été accompagnée par une super sage-femme (hello Mathilde !) qui m'a redonné confiance en ma capacité à allaiter mes deux bébés. Ma montée de lait a enfin eu lieu une fois de retour à la maison mais elle n'était pas non plus très abondante j'ai donc conservé l'alimentation mixte, un biberon, une tétée en alternance. Courant novembre, une maman de twins sur instagram m'a parlé du coussin d'allaitement San Diego. Après une rapide recherche sur internet je l'ai trouvé d'occasion sur le bon coin et je confirme qu'il est vraiment super pour aider à allaiter deux bébés en même temps, ce qui m'a permis de donner beaucoup plus le sein que le biberon en novembre-décembre.

Aujourd'hui elles ont trois mois, elles ont toujours une alimentation mixte, à peu prés égale en tétée et en biberon. Les moments tétées sont clairement des moments de câlin à trois, quand elles font des ronds avec leurs petits doigts dans le bas de mon dos c'est du pur bonheur. Je ne regrette vraiment pas de m'être accrochée pour les allaiter malgré le premier mois très difficile, et si aujourd'hui cela me semble si facile et naturel de mettre mes deux bébés au sein c'est bien par persévérance. J'ai appris aussi à déculpabiliser par rapport au biberon, me donnant finalement une plus ample liberté de mouvements car je peux les confier à leurs deux grand-mères plus facilement me laissant ainsi un peu de temps libre. Je ne sais pas encore quand j'arrêterais de leur donner le sein, pour le moment je n'en ai vraiment pas envie alors je me laisse vivre tranquillement avec ces deux-là qui prennent bien du poids tous les mois ! 


12 commentaires

  1. Wooow c'est génial d'allaiter ses jumelles <3 Quand je vois comme cela peut être difficile déjà avec un, bravo de le faire pour 2 ! Et c'est une belle alternative le mixte en effet pour ne pas trop t'épuiser non plus et te laisser du temps ! par contre j'hallucine du peu d'aide à la maternité...

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    1. oui ça été un peu la loose à la maternité, le désenchantement total !

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  2. C'est pas simple entre les envies, la réalité (visites/personnel présent).
    Perso à Beauregard tout a tenu à une puéricultrice qui a pris du temps pour moi, et un fascicule sponsorisé par je ne sais plus qui, il s'est avéré au bout de 3 jours qu'il fallait bien la nourrir notre fille et trouver LA position allongée (pas du tout pratique ! avant de s'adapter au "tout terrain").
    Je suis anti-visite, même les très proches peuvent bien attendre. Ce huis-clos est hyper important, c'est une affaire de couple avant d'être une présentation à la famille au sens large.

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    1. oui si on un jour la folie nous reprend d'en vouloir un troisième je demanderais pas trop de visites !!!

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  3. Témoigne très touchant Maëva ! Merci pour ton partage d'expérience toute en sincérité et pudeur ! Je suis très admirative de ton "double" allaitement mixte. J'avais également toujours eu envie d'allaiter et puis le jour venu : une montée de lait énorme (les sage-femme me disaient que j'aurai pu allaiter au moins deux bébés ^^) et extrêmement douloureuse (même plus que l'accouchement pour moi, c'est dire :-)!), des douleurs importantes à chaque tétée, et une seule hâte, que cela cesse...J'ai tenu un mois pour Maëva puis on est passé aux biberons...et là quel soulagement et quel plaisir retrouver de la nourrir. Bref, il n'y a pas de meilleure façon de faire, juste faire comme on le sent et avec beaucoup d'amour !

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    1. ah ben tu vois j'aurais bien aimé échangé avec ta lactation même si elle a été douloureuse ! tu as raison le tout est de faire avec amour !

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  4. Très bel article. Même si je n'ai eu qu'un seul bébé, je compatis tellement. Mon allaitement a aussi été sauvé par la sage-femme à domicile après un début compliqué à la maternité par manque d'informations.

    Je te souhaite une bonne continuation, et une douce croissance à tes bébés :)

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  5. c'est fou ça....les puéricultrices et sages femmes font de leur mieux, j'en suis sure, mais il y a vraiment quelque chose qui cloche au niveau de l'aide à l'allaitement....ils ne nous aident pas à mettre toutes les chances de notre cotés dans cette démarche et c'est dommage..perso, j'étais tombée la première nuit sur une puéricultrice plus paniquée que moi, et qui me manipulait comme une "vache", j'ai cru qu'elle allait se mettre à pleurer de voir que ma fille n'arrivait pas à prendre le sein correctement..Bref, bravo de t'être accrochée en tout cas ! l'important est d'aller au bout de son envie et de n'avoir aucun regret pour profiter au maximum de ces petits anges, qu'ils soient nourris au sein ou au biberon :)

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    1. oui c'est un peu contradictoire tous les avis que j'avais avec parfois un personnel moins au courant que moi pour l'allaitement des jumeaux c'est fou !

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  6. Heureusement que tu t'es accrochée! Ca aurait vraiment été dommage de passer à côté de quelque chose auquel tu tenais. C'est fou ce manque d'accompagnement quand même...

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    1. c'était un peu l'usine à la mater, l'inconvénient du gros hôpital universitaire, c'est pour ça qu'il y a eu un manque d'accompagnement. À la maison c'était bien mieux :)

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